Marie-Solange Duris, une Française reconnaissante
Lettre après son pèlerinage de juin 2010
France, le 10 décembre

Aux responsables du Chemin des Outaouais,

Je suis une Française vivant en France et, depuis 1972, date de mon premier voyage en Amérique du Nord, je suis en amour avec le Québec, que j’ai visité plusieurs fois. Pour des motifs religieux, et aussi pour connaître le pays plus en profondeur qu’en fréquentant les sites touristiques, j’ai décidé d’entreprendre un pèlerinage à pied.

En 2008, j’ai fait celui de Montréal à Sainte-Anne-de-Beaupré. Alors que je m’attendais à pénétrer dans cette belle nature par de petits chemins, tout le parcours se faisait sur des routes goudronnées. C’est très dur pour les pieds et je n’étais pas habituée à cela.

Comme je me sentais en capacité, sauf accident, de réaliser un de ces pèlerinages, cette année je résolus d’entreprendre le Chemin des Outaouais, le plus modeste en durée et aussi parce que je ne connaissais ni Ottawa ni cette région à l’ouest de Montréal. Toutes les formalités m’ont été grandement facilitées par le président Monsieur Latreille qui, avec beaucoup de gentillesse, devançait parfois même mes demandes.

Le 18 juin 2010, jour de l’appel du général de Gaulle en France, je partais de la cathédrale d’Ottawa avec quatre autres pèlerins québécois : un couple, Louise et Claude, et deux soeurs, Aline et Solange. La suite allait révéler que nous allions former un très bon groupe à l’entente parfaite. Nous avons noué des liens suffisamment forts pour continuer à communiquer par courriel. Bien sûr, j’ai retrouvé le bitume québécois mais nous marchions très souvent sur de petites routes tranquilles, voire dans des parcs nature. Surtout, nous avons longé la rivière Outaouais qui, pour moi, évoque la largeur de nos fleuves !

Dans de nombreux petits villages, nous avons pu admirer des maisons toutes plus belles les unes que les autres. Si bien que j’aurais du mal à faire mon choix et que j’oubliais que je marchais sur l’asphalte ! J’ai toujours marché en compagnie d’Aline et Solange, qui m’ont révélé à quel point j’étais capable d’avancer vite, pas tout à fait autant qu’elles cependant, mais elles ont eu la gentillesse de ralentir par moments.

Les hébergements étaient tous très corrects. Parfois même c’était le grand luxe, comme chez les Soeurs de Masson (Gatineau) et de Plaisance. Chez ces dernières, j’ai appris un jeu de cartes appelé « La petite école ». En France, je crois qu’on l’appelle « le rami ».

Sur ce sujet, je voudrais mentionner tout spécialement l’accueil tout simple, mais tout à fait authentique, que nous avons reçu à Ottawa chez Carmen. Il est d’abord remarquable que, pendant tout le temps que dure l’accueil des pèlerins, elle libère pour eux son rez-de-chaussée et émigre avec son époux à l’étage. Je me suis sentie particulièrement bien chez elle. Le pèlerinage commençait sous les meilleurs auspices !

Nous avons fait de belles rencontres. À Thurso, Ti-Lou et Fernande. À Chute-à- Blondeau, Rachelle est venue « jaser » un long moment, et une personne dont j’ai malheureusement oublié le nom est venue avec une excellente liqueur de café. À Laval, la soeur chargée de l’accueil nous a parlé de son apostolat. Nous l’aurions écoutée pendant des heures ! Et voilà que le 29 juin, j’ai pu arriver avec les autres, en super forme, à l’Oratoire Saint-Joseph, heureuse de ces belles journées (le temps a plutôt été clément) et de cette belle amitié vécue. Mes compagnons m’ont offert une petite mouffette en coquille de noix, très bien imitée. Je n’ai jamais vu un tel animal et, malgré sa mauvaise réputation, j’aurais bien voulu apercevoir une vraie mouffette. Mais j’ai vu une énorme tortue, des outardes et un porc-épic. Encouragée par cette belle expérience réussie du Chemin des Outaouais, j’envisage d’entreprendre le Chemin des Navigateurs, avec un peu d’appréhension tout de même, car il est très exigeant en distance et en durée. Merci à vous, les aimables Québécois que j’ai rencontrés, Aline, Solange, Louise, Claude et Monsieur Latreille.

Marie-Solange Duris, Châteauroux, pèlerine en juin 2010